Nuitarius

 

Sur un long voilier noir

J'aimerai trouver quelque chose d'intelligent à écrire pour introduire ce qui suit.

Plume tarie. 

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Hé, Stig Dagerman !

Sans aucune forme de honte, j'emprunte à J.M.G. Le Clézio le titre d'un de ses titres d'articles dans lequel il fait l'éloge de Stig Dagerman et de son roman Ormenle Serpent.

Donc oui. Stig Dagerman. Il faut comprendre que je suis jusqu'au cou dans mes révisions de littérature suédoise, et que l'un des livres traités lors du semestre était Bränt Barn, l'Enfant brûlé.
Lorsqu'on lit un livre de génie, on s'en rend compte à première lecture. On se rend compte du talent, des images nous passent devant les pupilles et nous marquent la rétine de façon durable. Lorsqu'on lit un livre immortel, ce n'est que lorsqu'on l'a refermé, que la quatrième de couverture nous nargue de sa blancheur absurde, que l'on réalise que notre vie ne sera plus exactement la même.
 C'est imperceptible, c'est subtile et fragile, mais c'est bien là, tapi dans vos souvenirs.

Bränt barn me laissera cette impression, mais également celle de ne jamais pouvoir atteindre tout ce que Dagerman a placé dans ses mots. Il n'y a pas d'explication à donner d'un livre comme celui-là, car n'importe quelle parole ne pourra pas remplacer les mots choisis par l'auteur, leur pureté absolue, leur essence réelle.
C'est une expérience de lecture qui nous rend humble, car nous voilà aux prises avec une intelligence qui nous dépasse, avec une compréhension de l'âme humaine que nous ne pouvons qu'effleurer. Faut-il se détruire à petit feu pour reconstruire avec autant d'acuité tous les secrets mécanismes de nos vies absurdes ? Peut-être bien que oui.

Dagerman est né en 1923, abandonné par sa mère auprès de ses grands-parents. Je passe sous silence ses années de journaliste à Stockholm, ses reportages poignants de l'Allemagne d'après-guerre ou ses autres oeuvres de génie, et je m'arrête en 1948, lorsqu'il écrit ce roman ravagé.
Bränt barn, c'est l'histoire d'une absence. Le livre s'ouvre sur l'enterrement de la mère, Alma Lundin, que son mari n'aimait plus - si tant est qu'il l'eût jamais aimée - et que son fils idolâtre dans la mort. Difficile d'en dire plus. Je pourrais évoquer Gun, la belle-mère dont le fils, Bengt, tombera amoureux, dans un simulacre d'amour filial ; ou encore Bérit, la fiancée de Bengt, jouet de ses moindres cruautés ; je pourrais raconter l'île, ou les soleils froids, la pendule qui ne sonne que trois heures. Le jeu des apparences, les masques qui se superposent, les prétentions, les mensonges et les trahisons, les violentes bassesses dont nous sommes tous coupables.

Je crois que la littérature suédoise a cela en elle : la capacité détestable de faire ressurgir toutes nos horreurs cachées, celles que nous terrons dans nos profondeurs froides et moites. Ou peut-être est-ce Dagerman, Falkenland et Lindgren qui en sont capables, je ne saurai le dire. Mais je veux savoir, je veux comprendre comment ils viennent fouailler mes ténèbres à en faire couler le sang de mes propres mensonges, comment ils y parviennent.

Dagerman a cessé d'écrire en 1950, en proie à une dépression qui ne l'avait jamais vraiment quitté. Il se suicide en 1954, s'enfermant dans sa voiture, moteur allumé. Tout porte à croire que dans son asphyxie, il avait voulu sortir. Suicide raté car réussi ? Comme c'est ironique. Mais Dagerman a joué avec la mort depuis son adolescence, l'approchant pour se sentir peut-être plus vivant encore. Bränt barn, c'est tout cela, et bien plus.

J'aurai du mal à le conseiller. C'est une lecture douloureuse, difficile, ne renfermant aucune espèce d'empathie. Les mots y sont froids, cruels, dénués de musique. Les personnages n'ont rien pour les racheter. Les images sont lancinantes, répétitives, elles vous hantent sans cesse.
Mais lisez-le tout de même.
 
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Portfolio

Comme j'ai déjà fait de la pub dans un post précédent, je me permets d'en refaire. Et que les éventuels lecteurs ne s'alarment pas, mon blog ne va pas devenir une mauvaise série d'M6 entrecoupée de pauses publicitaires. Du moins je l'espère.

Je donne tout d'abord quelques nouvelles : je me suis relancée cette année dans la folie de Novembre dernier, à savoir le NaNoWriMo, National Novel Writing Month, dont le but est bel et bien d'écrire un roman de cinquante mille mots en un mois. Folie furieuse quand tu nous tiens.
Mais je m'étais tellement amusée avec mes Fils du Loup de l'an dernier que je récidive avec une suite, Morsures où je me fais entraînée malgré moi par des personnages qui s'adonnent soudain à la chasse au trésor, à l'espionnage en pleine Allemagne nazie et à la découverte du métro parisien.
Nous sommes le 8 novembre, et j'en suis à 19284 mots. En bonne voie, et je m'amuse.

Mais ce n'était pas le sujet de mon post.

Depuis peu, je m'adonne de temps en temps à la photographie - oui, je sais, c'est la mode - et j'ai réalisé quelques clichés dont je suis assez contente, ce qui m'a amenée à créer un Portfolio grâce à la petite merveille qu'est DeviantART. J'aimerai que mes éventuels lecteurs aillent y faire un tour, regardent les quelques photos qui s'y trouvent et me donnent leur avis sincère et surtout objectif. Critique constructive, voilà ce dont j'ai besoin.

Si j'ai piqué votre curiosité, ça se passe sur ce site : http://nuitarius.daportfolio.com 

Bon dimanche ! 

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Webcomic à voir ^^

En attendant que l'interface Mabulle ait l'extrême gentillesse de nous remettre nos menus, pour que je puisse de fait mettre le lien dont je vais vous parler dans la barre de droite, voici un petit coup de pub pour un ami !

 

Elyss dessine son webcomic hebdomadaire, avec beaucoup d'humour, dans le plus pur style étudiant et absurde qu'on ne peut qu'aimer. Allez le voir, ça vaut la peine de s'y arrêter. 

Ca se passe donc par ici !

 

Et comme il le dit si bien,

Lemon Is Religion.

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Pour l'amour de l'arbre

Plusieurs références ici à la littérature étrangère, suite à des lectures fort instructives, et ce soir sur Arte un documentaire étonnamment émouvant sur l'Allemagne de 1946. Oui, mes intérêts sortent assez souvent de l'ordinaire.

Voilà en tout cas mon hommage à deux âmes déchirées, l'une explicitement citée, l'autre un peu moins. Pour les curieux, les références seront en bas de page.

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Portrait Chinois

Absolument débile et inutile, mais ça faisait longtemps que je voulais en faire un. Donc voilà. Vous êtes dispensés de lecture sauf si ça vous intéresse XD.

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De la troisième conscience.

En plein cours d'histoire des littératures scandinaves, notre professeur, nouvellement débarqué de Strasbourg, plein de cette naïveté désuète qui veut que les professeurs croient aveuglément en la motivation et l'enthousiasme de leurs nouvelles troupes, nous a interrogé sur le sujet de la fiction, et de la littérature. Qu'est, à nos yeux, la littérature ?
Pas facile de donner une réponse, la littérature nous paraît souvent un sujet trop vaste, trop éminemment complexe pour qu'un modeste - très modeste - cerveau d'étudiant puisse en faire le tour, encore moins en donner une définition satisfaisante. Pourtant, il fallait donner une réponse.

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Déméningement

Oui, oui, des lustres, poussière partout, j'attendais l'occasion.

De façon amusante, ce Déméningement répond à la Septième Marche de mon Escalier, pour ceux qui suivent ou veulent suivre.

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Patchwork (Belfast)

Ai lu Mon traître de Sorj Charlandon (un doute sur le nom de famille, mais si vous cherchez, vous trouverez). Bouleversant de beauté, je sentais la terre d'Irlande du Nord sous mes pieds, l'odeur de la tourbe, de la pluie, de la brique, de la poudre brûlée.

Lisez-le. Et lisez-moi. Mais ça c'est annexe. Un bonbon pour qui trouve tous les poèmes qui ont permis de tricoter ce patchwork.

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Mon vide

RAS.

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