L'Escalier (I)
Je pense que cela constituera un travail en plusieurs parties. Peut-être que ça ira jusqu'à 17, par pur symbolisme autobiographique, mais je ne garantis rien.
Vous savez, ça fait partie de ces choses que vous avez besoin d'écrire. Il faut le faire. Elles ne veulent peut-être rien dire, mais elles vous obsèdent, elles vous hantent, elles vous poursuivent. Impossible de les déloger de votre esprit, elles piétinent tout ce qui ne les concerne pas.
Jusqu'au moment où vous les écrivez. Elles ne perdent pas leur magie pour autant, au contraire. Vous les découvrez en même temps qu'elles vous découvrent, elles agissent de leur propre chef, sans vous demander votre avis. Sans jamais vous demander votre avis. A vous des les accepter.
Ces escaliers, je ne pensais pas que je les emprunterai un jour. Comme quoi.
Attention à la marche.
Première Marche
Ici le parquet grince.
De longs gémissements,
On dirait un bateau
qui pleure.
La pluie cahote sur les pavés
gris.
Grise. Et blanche et grise.
Les passants lancent leur tête en arrière
Et avalent les gouttes fades.
Ils se mouchent dans les étoiles,
Dans les jupons des réverbères.
La fenêtre fermée semble bien mince
Les rideaux ouverts en grand,
Paraissent laisser passer l'eau
qui pleure.
La serrure est fermée et la clef
n'est pas ici.
Perdue. Très loin d'ici dans la Tamise.
L'oiseau se morfond derrière
les barreaux froids et sales.
Il ne chante plus, jamais il ne piaille,
Derrière ses barreaux de fer.
Ici le parquet grince.
De longs gémissements,
On dirait un bateau
qui pleure.
Ici, le parquet grince.
De longs cris mourants,
On dirait un enfant
qui se meurt.
PS : La musique qui vous est proposée est extraite de la bande originale du film Geisha, elle s'intitule The Chairman's Waltz et a été composée par John Williams.
Par Nuitarius, Samedi 2 Fevrier 2008 à 21:36 GMT+2 dans Rêveries (article, RSS)







