Nuitarius

 

Tu saignes de l'or

Les mêmes mots reviennent toujours, difficile de s'en contenter. Ils montent de la terre en miasmes putrides et malsains, en vapeurs morbides et funèbres. Et que montrent-ils, au juste ? Que le romantisme n'est pas mort ? Que Baudelaire ne nous est pas inconnu ?
Il suffit souvent de la simple plainte langoureuse d'un violon, du cri déchirant d'une femme endeuillée.
J‘aimerai ne pas vous conter ces histoires, mais vous les montrer. Hélas, les Muses sont des créatures frivoles, elles nous désertent à peine notre flamme allumée, et bientôt la cire vient à manquer.
Je n'invente rien, je me repais de ce qui a déjà été fait, de ce qui a déjà été dit. Trouverais-je l'allitération délicieuse qui amènera les larmes à vos yeux ? Le vers exquis qui vous fera dire « je l'aime » ?
Maintenant je doute.
Quelle folle ambition.

 

 

 
Tu saignes de l'or

Tu saignes de l'or,
Mais est-ce vraiment du sang sur ton corps ?

Va-t-en, infâme fantôme qui ose visiter mes cauchemars,
Va-t-en, ombre douloureuse. Je sais ce que tu représentes.
Je sais quel symbole tu portes entre tes drapés de fumée noire.
Tu t'es prétendu mon ami, tu as forcé la boîte fermée de mon cœur pour y semer la folie.
Tu as enveloppé ta cruauté de promesses charmantes,
Et Aujourd'hui, je veux t'exorciser, te chasser loin d'ici.

Oh, comme je me souviens de la rougeur intolérable de tes lèvres sataniques,
Comme ton parfum d'épices et de fruits gâtés m'est familier !
Sur le nacré de ta peau blanche, je dessinais mon désir inassouvi et platonique,
Contre la froideur de ta peau, je glissais mes chairs offertes et inaltérées.

Quitte à me contredire, je te veux à nouveau à mes côtés,
Et sentir ton souffle immortel sur ma peau fanée ;
Et dans la pureté virginale de mes songes enfantins,
Tes yeux noirs suivront les courbes de mes hanches, l'arrondi de mes seins,
Toujours avides, jamais sereins.

Et puis, tu repartiras, de l'autre côté du voile de la nuit.
Comme on oublie un mauvais rêve tu m'oublieras ;
Je ne laisserai en toi qu'un souvenir confus et sali,
D'amertume frustrée, de désir ingrat.

Tu saignes de l'or,
Mais n'est-ce pas seulement une rouge aurore...?

Mais n'est-ce pas seulement moi qui m'endors...? 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
PS : La musique qui vous est proposée au-dessus du semblant de titre s'intitule Remembering Munich, elle a été composée par John Williams et est extraite de la bande originale du film Munich. Navrée pour son côté larmoyant... mais il me semblait juste.

Vos commentaires

1 Le Dimanche 30 Mars 2008 à 14:42 GMT+2, par O.

Ce peut-être aussi le crépuscule... la fin d'un jour doré qui sombre dans les voiles de la nuit

La musique m'enchante, elle pleure avec mon coeur, certains jours

2 Le Mardi 15 Avril 2008 à 22:06 GMT+2, par Lodorfin

Je dirais... mission accomplie.
Si tu ne vois pas ce que je veux dire, relis les deux dernières questions de ton introduction.
Plein de bisous
Ly
PS : la musique est magnifique et correspond parfaitement.

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