Il m'arrive de ne pas trop savoir quoi faire en cours (Bouh, je sais, ce n'est pas bien du tout...), ou tout du moins d'avoir les idées qui ne parviennent pas tout à fait à s'accrocher aux affaires en souffrance, celles-ci concernant la plupart du temps le port des armes aux Etats-Unis ou bien l'idée que se fait Condorcet de l'éducation. Dans ces moments-là, les idées surgissent, un peu de nulle part. J'ai lu dans un blog génial que les idées naissaient de l'ennui, mais qu'il fallait être un être un peu spécial pour les apprécier.
Aussi vantard que cela puisse paraître (et tant pis, je cours le risque de passer pour un être bouffi d'orgueil, car c'est bien ce que je suis), je crois que mon regard a changé lorsque je me suis mise à écrire plus ou moins régulièrement. De là à dire que je pense en alexandrins, je crois qu'il y a plusieurs océans à franchir en brasse coulée, mais je pense qu'il y a évidemment quelque chose qui s'est métamorphosé. Lorsque je marche seule dans la rue, livrée à moi-même, je ressens l'air autour de moi, je respire la nuit ou le petit matin, et lorsque mon regard se porte sur un mur couvert de lierre ou de vigne vierge, je ne peux m'empêcher de penser que ces étranges bourgeons ressemblent à quelque cocon de papillon fantastique.
Mais il y a danger dans une telle vision. Je connais mes faiblesses. Il me suffirait de bien peu, je crois, pour que ces étranges images prennent tout à fait corps, et que je sois condamnée à errer dans un monde d'hallucinations merveilleuses et de rêves affolants. En un sens, j'aurai envie que cela arrive. Un autre monde... D'autres règles... Une nouvelle donne... Mais d'un autre côté, je raisonne ainsi : si je quittais définitivement mon regard "normal", pourrais-je encore apprécier mes escapades dans les terres du rêve et de l'oubli à leur pleine mesure ? Pourrais-je encore désirer ce qui serait toujours à portée de main ? Mais surtout, pourrais-je encore revenir sur mes pas ?
C'est un pouvoir que je détiens. Il me rend plus forte. J'aimerais vous en faire profiter, vous faire découvrir les fées qui se cachent dans les feuillages, les nymphes qui chantonnent dans le ruisseau, les horreurs tapies dans les ténèbres... Et c'est ces dernières que j'ai choisies, car je crois que c'est aux cauchemars que les hommes sont les plus sensibles. Ceux-ci leur parlent encore au plus noir de la nuit.
Continuez de descendre avec moi dans leur repère d'ombres et de silence. Ouvrez vos yeux.
Différemment.
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